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samedi 28 mai 2022

Quel drôle de monde!

 Nous vivons dans un drôle de monde. 

Quand la covid a commencé à faire parler d'elle, nous la considérions comme une bonne grippe. Quand nous croisions des gens masqués dans les rues, les magasins, on en riait presque!

Et bing! Confinement! Et à partir de ce moment-là, on prend peur, on s'enferme, on ne sort plus sans masque! (Ce n'est pas nous qui rigolions à propos des gens masqués...🤔)

On n'embrasse plus personne, on se tient loin de tout le monde. On repère à 100 mètres les gens qui  toussent, s'ils s'approchent, on se met en mode apnée!😶 

Quant aux postillons, avant on ne faisait pas forcément attention, même si ça nous dégoutait un peu, faut bien l'avouer. Mais maintenant, un postillon atterrissant pas loin de nous, on le regarde, on évalue son diamètre, on se retient d'attraper tout de suite la javel et frotter, frotter et encore frotter!

On entend quelqu'un tousser, se moucher, éternuer, c'est suspect!!!😱 Tout le monde cherche le coupable : "Mais pourquoi n'est-il pas enfermé chez lui à double tour ?!".

On s'insurge en voyant des gens partir se promener, prendre l'air : "Mais ils sont complètement inconscients ! Ils ne se rendent pas compte!"

Aujourd'hui, 2 ans après, 3 doses de vaccins dans le corps, la covid qui est venue nous saluer, nous avons fait tomber les masques, on sort, et on regarde d'un oeil un peu moqueur les gens qui continuent d'avoir peur. "Euh... n'est-ce pas toi Audrey qui, il n'y a pas si longtemps, était aussi flippée qu'un éléphant rencontrant une souris...?"

Par contre je reste malgré tout suspicieuse quand j'entends une toux, je n'aime pas qu'on soit trop près de moi,  je préfère me casser la figure plutôt que de toucher une rampe d'escalier! Faut pas déconner! Et je ne vous parle des postillons...

Quel drôle de monde!

Il y a quand même une chose positive dans tout ce bazar, c'est qu'on n'est plus obligé de faire la bise à tout le monde!😁



"Ne sous-estimez pas les petits adversaires : un lion se voit, pas un virus."

 Anonyme


dimanche 1 août 2021

3ème contrôle

 Troisième mammo-écho de contrôle.

J'ai pris rendez-vous en ligne en choisissant la radiologue que j'avais eu pour l'examen de l'année dernière, et que j'avais trouvée génialissime!!! Hors de question que je retombe sur celle que j'avais eu la toute première fois ! Alors oui c'était THE spécialiste, mais elle n'avait pas compris que dans ce genre de situation, il fallait être à minima compréhensive, douce, gentille... enfin humaine quoi ! 

Je suis beaucoup moins stressée en attendant le rendez-vous. Je me rends compte que j'avance, sans regarder derrière moi. Ça reste malgré tout une épreuve à franchir. Le stress revient en courant quand je franchis les portes de l'hôpital. 

Je m'assois, j'attends mon tour et bien sûr j'ai oublié mon bouquin! Je m'endors presque...😴😅

"Mme Audrey" 

Hoho... Un homme... Se montrer torse nu en mono sein, ce n'est pas très agréable mais face à un homme (radiologue certes mais inconnu) c'est encore moins réjouissant! 

J'entre dans la cabine, je me déshabille en me disant qu'il fait peut-être juste l'accueil (on se rassure comme on peut!). 

La porte s'ouvre : "Suivez-moi" 

Non c'est bien lui! 

L'homme en question m'installe, c'est-à-dire il prend mon sein, le pose sur la sorte de plateforme et c'est parti pour l'écrasement du néné! Je serre les dents et retiens ma respiration comme d'hab...😖 

"C'est tout bon, je vous laisse retourner dans la cabine, le médecin viendra vous chercher pour l'échographie."

Arrive le moment critique, l'attente... Et cette fois-ci ça a été l'enfer! 

J'attends, l'oreille à l'affût : j'entends marcher, trifouiller des papiers, une voix de femme parle au téléphone... Mais qu'est-ce qu'elle dit??? Je n'arrive pas à entendre, en même temps heureusement car bonjour le secret médical! Mais bon j'aimerai bien savoir ce qu'elle dit. 

"Je suis sûre qu'elle parle de ma mammo, il doit y avoir un problème, c'est tellement long. L'année dernière ce n'était pas si long. Il va falloir annuler les vacances. Revivre l'enfer des traitements. Prévenir tout le monde. Mais cette fois il faudra faire attention à ce que je dis. Je n'ai pas envie qu'on raconte encore n'importe quoi."

"Au revoir madame. Madame machin bonjour, tout va bien sur votre mammo..."

Madame machin étant ma voisine de cabine! Finalement ça ne me concernait pas et l'attente était normale! Quelle histoire!😅  

Je me détends et je continue d'attendre. 

Toc toc

"Bonjour Mme Audrey, tout va bien sûr votre mammo!"

Décidément, je l'adore cette radiologue!

L'échographie se passe et elle me confirme que tout va bien. 

À l'année prochaine ! 

Le dernier rendez-vous chez la gynéco s'est lui aussi bien passé. Palpation normale, renseignements pris sur une éventuelle reconstruction. 

Cette éventuelle reconstruction reste très personnelle. Moi et moi seule décidera de le faire ... ou pas. Je n'en parlerai qu'à très peu de personne car je ne veux pas qu'on me donne d'avis surtout par des gens qui n'en savent absolument rien. 

Je prends le temps et on me conseille de prendre le temps.

Je continue l'hormonothérapie, moralement je ne la supporte pas, je ne me reconnais plus, j'ai changé. Ou plutôt j'ai gonflé ! 10kg... Il faut assumer mais j'ai dû mal. Je ne me regarde plus sur les photos. Il faut que je me prenne en main, me remettre au sport. Je vais y arriver! 

Y'a plus qu'à ! 


"Bien sûr que j'ai des abdos! Je leur ai juste mis un petit coussin moelleux pour qu'ils soient mieux installés!"






samedi 31 juillet 2021

Ivre de livre

 J'adore lire. 

Dès que j'ai le temps, même 5 minutes, je lis. Debout dans la cuisine pendant que ça cuit, en entendant le café couler, en buvant mon café, dans la salle de bain avant ma douche, dans une salle d'attente, le soir avant de partir dans les bras de Morphée... 

Quand le livre me plaît, je suis accrochée à lui : "encore un chapitre" "encore un, il n'est pas trop long" "je ne peux pas m'arrêter là, il faut que je sache ce qu'il va se passer!".  Je finis quand même par mettre mon marque page, je regarde l'heure : 1h... oups...

Il y a un livre qui a trouvé sa place dans ma table de nuit. De temps en temps je relis quelques passages. C'est un roman "de fille", histoire légère, sans peur ni chagrin. Une histoire qui me donne le sourire.

Lire c'est une passion, une évasion. L'odeur du livre, le toucher des pages, je kiffe!!!😁

Récemment j'ai lu un roman qui m'a bouleversé. Un passage du prologue m'a touché au plus profond de moi : 

"Papa.

Combien de fois l'ai-je prononcé?

En riant, en boudant, en criant, en pleurant, en râlant, en jouant, en aimant.

...

Papa

...

Un mot tout bête, qui sort sans qu'on y pense, sans demander la permission. Un mot comme un automatisme, comme une respiration. Un mot d'enfant, un mot d'amour. 

Un mot comme un membre fantôme, qui fait mal quand il n'est plus là."

Extrait du livre Les Possibles de Virginie Grimaldi

Cela fait 8 ans que mon papa est parti. J'ai souvent l'impression de l'apercevoir. J'entends encore sa voix, son rire, son humour, je vois encore ses gestes tendres, son regard bienveillant.

Il fait et il fera toujours partie de moi. Quand j'ai une décision à prendre, quand je dois faire quelque chose d'important, je me dis systématiquement "Qu'est-ce que déciderait papa?".

Quand je vois mes enfants courir sur le goudron, je me remémore un souvenir avec lui : On regardait un film super 8 de mes parents. Il y a eu un passage où un de mes frères (qui était petit) courait sur une descente en goudron, et je dis "oulala doucement tu vas tomber" et mon père qui répond du tac au tac : "Et alors?! Laisse-le courir !" (Comme si ces dernières réflexions allaient changer quelque chose au film, on est bien d'accord !😅 )

Voilà comment était mon père : vis tes aventures, apprends, et surtout SOURIS ! 


"Papa... Un mot d'enfant, un mot d'amour, un mot...qui fait mal quand il n'est plus là." Virginie Grimaldi

lundi 12 avril 2021

3 ans

12 avril, 3 ans jour pour jour je recevais, subissais, affrontais la 1ère chimio. Je m'en rappelle comme si c'était hier... Virginie qui m'accompagnait, le sac fraichement cousu rempli de petits cadeaux, un cahier d'activité (comme les enfants!😄) avec les mots des copines 💜, le fameux casque réfrigéré qui m'a laissé quelques séquelles (rien que d'y penser me donne la nausée), cette migraine atroce pendant 2 jours, l'affreuse piqûre de Neulasta, les douleurs musculaires... Comme j'aimerai oublié tout ça... Mais non, il ne faut pas oublier. Cela fait partie de mon histoire. Et quelle histoire!


Quand je fais le point sur ces 3 dernières années, wahou! Que de chemins parcourus : cancer, chimio, mastectomie, radiothérapie, bilan de compétence, opération canal carpien, témoin de mariage, covid, confinement, changement de travail, reconfinement, couvre feu, rereconfinement, être choquée quand je vois une personne sans masque 😱.  

J'avoue qu'un peu de douceur et de tranquillité seraient grandement appréciées. 


Il y a deux mois, j'ai eu mon rendez-vous de suivi avec l'oncologue. Tout va bien. Il a trouvé que j'avais bonne mine, que j'allais bien. Et c'est vrai. 

Je lui dis : "Je suis passée à autre chose, j'ai passé un cap." Je ne pensais pas dire ça un jour et j'avais tort. Aujourd'hui, je le dis haut et fort!  L'oncologue a trouvé ça super. 😊

A l'auscultation, je lui dis que j'ai très mal au cou, le côté gauche est bloqué tout en précisant que j'ai arrêté momentanément les séances de kiné, car j'avais besoin de faire une pause. "Effectivement il y a un noeud, c'est bien tendu"

"Ce serait bien de continuer les séances de kiné", il voit ma tête... 😑"je sens bien que vous n'avez pas très envie, vous verrez dans quelques temps"😅

Il me fait les ordonnances et je constate qu'il ne m'a pas prescrit de prise de sang (que je fais habituellement une fois dans l'année avec, entre autres, le dosage des marqueurs tumoraux). 

"Et pour la prise de sang?" 

"Oh ce n'est pas la peine, sauf si vous préférez en faire une"

"Non non c'est bon."

Que dois-je comprendre... Que pour lui j'ai passé un seuil plus ou moins critique? Peut-être. Je n'ai pas posé la question, je me contente de mes propres suggestions. Mais l'expression sur son visage quand j'ai posé la question, aurait plutôt tendance à me rassurer.


"Tourner la page ne veut pas dire oublier, cela veut seulement dire que tu choisis d'être heureux au lieu d'être blessé"



 




 

lundi 5 avril 2021

La reprise

 23 mai, samedi matin, après 2 ans d'arrêt, je suis de retour. Mais avec quel état d'esprit... Je ne sais pas trop... 

Quelques mois avant ma reprise, j'ai passé un bilan de compétence. Quel bien cela m'a fait! J'ai retrouvé confiance, je me suis libérée de certaines pensées, j'ai découvert que j'étais capable de plein de choses, que j'avais plein de compétences! ça a été une vraie thérapie !!! 

Mais voilà, que faire d'autres?

J'étais partie sur une idée : travailler en bibliothèque. J'adore les bibliothèques, les librairies, les livres. Sentir les livres, quel kif!!! Mieux vaut ne pas me lâcher dans une librairie... C'est un conseil.  

Mais de fil en aiguille, je me rends compte que ça va être compliqué, n'ayant aucune formation dans ce domaine. Je finis par abandonner l'idée.

Je termine ce bilan confiante mais malgré tout un peu perdue. 

Depuis quelque temps, me trotte une idée mais que je n'ai pas forcément envie de suivre. Et puis cette idée germe, petit à petit, elle fait son nid et s'installe pour de bon. 

Avec le soutien de mon mari, avec les "Je te vois bien faire ça" de plusieurs personnes, je me lance! Je remplis, complète et envoie le dossier pour être AESH.

AESH : Accompagnant des Elèves en Situation de Handicap. 

Je suis prête! Prête à changer de métier, prête à changer mes petites habitudes! Prête!

Sauf qu'en attendant d'être éventuellement contactée et bien... je retourne (presque à reculons) à la pharmacie. Je suis préparatrice depuis 2005. J'aime aider les gens, préparer les ordonnances, faire des préparations... Mais là je ne peux plus, je ne veux plus. Je pars la boule au ventre. Seule chose positive : retrouver mes collègues😊.

Ce métier, pour moi, devient compliquer moralement. J'ai la hantise de servir quelqu'un qui vient avec une ordonnance de chimio. Je m'attends au fameux "Bientôt la sécu ne remboursera plus rien!"😤.

Bien sûr je finis par avoir entre les mains ces ordonnances tant redoutées. Quasiment les mêmes que l'oncologue me donnait. "En cas de nausées" "en cas de douleurs" "en cas d'aphtes" etc

Je ne veux pas me plaindre, je ne veux pas me faire remplacer par mes collègues, alors je lis, relis et rerelis l'ordonnance (on les lit beaucoup les ordonnances, au moins 3 fois : en sortant les médicaments, en les disposant sur le comptoir, en les scannant et en les rangeant dans le sac...  ah ça fait 4 fois😅), je sors les médicaments, j'explique au patient et j'ai la nausée, je me sens mal. Je me revois 2 ans en arrière. 

Définitivement ce métier n'est plus pour moi. Si je veux tourner la page, il faut que je fasse autre chose.


Arrive l'été, je reçois un mail de l'académie disant que nous serons contacté pour un entretien en août. YES!!!!!!

 Nous partons en vacances. Nous visitons les châteaux de la Loire et arrive le moment tant attendu par les enfants (et moi aussi!😃) : Beauval. 2 jours entier à Beauval ! 

Le 2ème jour, nous traversons un pont, nous sommes au dessus des rhinocéros et autres animaux. Le téléphone sonne, je ne connais pas le numéro, ça capte pas très bien, je laisse sonner. 

Nous allons pique-niquer à la voiture, j'écoute le message laissé sur mon répondeur. 

"Bonjour mme Audrey, nous vous contactons suite à votre cv..." 😀😀😀

Le jour de l'entretien, j'ai la trouille, je tremble, j'ai un noeud dans le ventre. Tout se passe bien, les personnes doivent me rappeler quelques jours après. On se recontacte :"Mme Audrey, bienvenue dans le monde des AESH ". Et pour bien faire, je suis envoyée dans une des écoles de ma ville. 

Je suis heureuse, j'ai réussi mon pari! 

Mardi 15 septembre, 8h30 : Je franchis le portail de l'école, sereine et heureuse.


"Le plus grand échec est de ne pas avoir le courage d'oser"

L'Abbé Pierre

 


jeudi 18 février 2021

Train train du con-confinement

16 mars 2020, 1er jour de confinement.

Mon mari est en télétravail.

Les 3 enfants ont école à la maison.

Je suis toujours en arrêt de travail.

5 à la maison, tout le temps, tous les jours, toutes les nuits, tous les repas.

La machine à laver tombe en panne.

Mon fils aîné est en 6ème, il est temps de se familiariser avec Pronote. Les profs ne mettent pas tous les devoirs au même endroit, il faut chercher à s'en donner mal à la tête. Il faut télécharger des fichiers, des audios. Il faut envoyer des fiches d'exercices et des évaluations, c'est fait mais on ne l'a pas envoyé sous le bon format, donc exercice non noté. 😑

Ma fille est en CM1, son instit est en arrêt. Un remplaçant prend le relais. Nouvelle notion à aborder : la division... Je vous laisse imaginer mon désarroi...😳

Mon dernier est en CP, dictée, écriture. Au bout de 2 mots, il se plaint de douleurs dans la main. Donc j'avais bien raison quand je disais à sa maîtresse qu'il tenait mal son stylo! Nouvelle notion : l'addition... c'est quand même plus simple que la division!😅

Ma matinée typique des 2 premières semaines de confinement :

Petit-déj, lave-vaisselle, imprimer les 23 fiches d'exercices, les 9 fiches de lecture, me doucher sans bruit car monsieur télétravaille dans la chambre (chambre parentale avec salle de bain), monter à l'étage, CP, CM1, 6ème, CM1, 6ème, CP, 6ème, lavage de vêtements dans la baignoire, CM1, frotter les vêtements, CP, 6ème, essorer les vêtements, 6ème, finir d'essorer les vêtements, CM1, 6ème, étendre les vêtements qui dégoulinent malgré l'essorage manuel, commencer à réfléchir au menu, 6ème, réfléchir encore au menu, CM1, 6ème, descendre pour commencer à préparer le repas, remonter, 6ème, CM1, redescendre mettre la table, finir de préparer le repas, reremonter, 6ème, reredescendre, crier A TABLE, recrier A TAAAAABLE, manger, débarrasser, café.

Au fil des semaines, les 2 grands deviennent autonomes. 

Nous sommes très fiers de nos 3 crapauds.

La machine à laver est réparée.

Nous faisons des apéros skype en famille, entre amis. 

Nous applaudissons à 20h.

Nous faisons du pain, des pains au lait, des gâteaux, des crêpes, des gaufres, je prends 2 kilos.

Malgré le confinement, nous sommes biens, nous avons de la chance d'être en maison avec un jardin, mais nous commençons, malgré tout, à tourner en rond.

Je vois arriver la fin de ce confinement tout en voyant arriver à grands pas la reprise de mon travail.

La reprise de mon travail... Je suis contente de retrouver mes collègues mais pas enchantée de retourner en pharmacie. Mais il faut que j'y retourne, que je mette à nouveau un pied dans la vie active. 

2 ans et 2 mois après le début de mon arrêt de travail, 2 ans et 3 mois après que cette saleté ait bouleversé notre vie tranquille. 

23 mai, samedi matin, 8h30, je franchis les portes coulissantes. 

                                 🎬Clap de fin d'une période éprouvante 🎬





mercredi 15 juillet 2020

Une bouffée d'oxygène

Février : visite annuelle chez l'oncologue.
C'est bizarre, mais j'aime bien y aller. Il est sympa, attentionné, à l'écoute, très humain et d'un calme, mais d'un calme!

10 jours avant, je me suis fait opérer du canal carpien de la main droite. Etant donné mes douleurs, je ne peux pas conduire, du moins pas un si "long" trajet. Ma copine Virginie m'emmène. On va pouvoir papoter, on se voit souvent mais en coup de vent!

Je pars avec ma liste de questions, j'ai besoin de dire certaines choses et surtout j'ai besoin d'être rassurée.

On s'installe dans la salle d'attente. 
Cette salle d'attente me provoque plein d'émotions, de souvenirs. Je me revois 2 ans en arrière, avec mon fourre-tout cousu par ladite Virginie. J'entends encore "madame Audrey", "donnez-moi votre nom et prénom", ""on inspire un grand coup, je pique" "ça va?" ... 
Je regarde les patients qui nous entourent, je comprends ce qu'ils ressentent, je comprends leur fatigue, je comprends leurs angoisses... je les comprends tout simplement.
On se met à discuter avec ma copine, quand tout d'un coup "Madame Audrey".
 J'abandonne ma copine et pars avec l'oncologue, je m'installe sur cette chaise où je me suis assise tant de fois.
- "J'ai eu le compte rendu de votre dernier rendez-vous avec madame la radiothérapeute"
(Le laissant à peine finir sa phrase) - " Je n'ai pas du tout apprécié ce rendez-vous !" (voir post "Ah ces douleurs")
- "Ah... pourquoi?"
- "Et bien quand je lui ai demandé si elle avait des conseils pour atténuer les douleurs que j'avais aux mains et aux pieds, elle m'a répondu "de l'activité physique". Je suis plutôt d'accord avec ça, il est vrai que ça fait du bien, mais quand vous avez mal aux doigts et sur les dessus des pieds, l'activité physique... voilà! (petit sourire discret du médecin) Ensuite elle s'est permise de me faire la morale sur mon arrêt de travail. Finalement j'ai bien fait de continuer mon arrêt, puisqu'il s'est avéré que les douleurs de mes mains sont dues au canal carpien, et que j'ai dû me faire opérer rapidement! Elle aurait pu se poser la question quand je lui ai décrit les gênes que je ressentais dans les mains!"
Voilà, je lui ai tout balancé, ça m'a fait du bien! On a parlé de tout ça, calmement.
Il m'a proposé de ne plus voir la radiothérapeute (que je dois voir une fois par an) et de le voir, lui, à la place. J'ai accepté immédiatement! Donc dorénavant, je rencontrerai l'oncologue 2 fois par an.

Nous avons parlé du "problème carpien" : 
- "Est-ce dû à l'hormonothérapie? Etant donné que le problème du canal carpien peut être déclenché par les hormones"
- "Vous l'auriez développé quoiqu'il en soit, j'ai juste fait en sorte que ça se déclenche plus rapidement"
-"Merci, c'est très délicat de votre part" 
Depuis, j'ai revu un spécialiste de la main qui m'a bien spécifié que c'était dû à l'hormonothérapie, vu la rapidité de "détérioration" du canal carpien.

Ensuite, je voulais savoir comment je devais me considérer : en rémission, guérie, non guérie, jamais guérie ou je ne sais quoi d'autre! Car nous entendons toute sorte de choses, diverses et variées. Et beaucoup de personnes se permettent toujours de donner un avis alors qu'ils n'en savent absolument rien! 
Donc je lui demande : 
- "Comment dois-je me considérer? En rémission? autre chose? J'ai entendu plein de choses différentes, notamment qu'on ne guérissait jamais d'un cancer"
- Alors actuellement 50% des cancers se guérissent. Le cancer du sein se guérit à 95%. On parle de rémission quand on pense que les cellules cancéreuses sont encore là mais qu'elles sont maîtrisées. Dans votre cas, il n'y a plus rien. Pour vous on parle plutôt de guérison. Nous verrons dans les années à venir si c'est bien le cas."
Voilà, en gros, ce qu'il m'a dit, ou du moins ce que j'ai compris. Pour lui, le cancer n'est plus là mais il faut, malgré tout, rester prudent. Il m'a expliqué tout cela très calmement, en choisissant bien ces mots. 

Ce rendez-vous m'a donné un nouveau souffle. Je suis sortie contente, soulagée et prête à voir plus loin dans le futur, prête à me et à nous fixer de nouveaux projets. 

Je suis guérie, je le sais, mais le doute plane toujours à la moindre douleur. 
Certaines personnes considèrent que comme j'ai eu un cancer, je n'ai pas le droit à certaines choses. 
D'autres personnes considèrent que le cancer du sein, ce n'est finalement pas grand chose étant donné qu'il se soigne très bien. 
C'est incroyable comme on peut être considéré comme guéri et pestiféré à la fois. 

Moi, je sais ce que j'ai vécu, ce que j'ai vaincu. Et j'en suis fière!
Et j'emmerde le monde! 😋😄

 




  



 


  

C'est à vous

 Aujourd'hui j'étais au téléphone avec une amie. Elle m'a dit : "ça fait longtemps que tu n'as pas écrit".  Elle t...