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mardi 30 juillet 2019

Mes 3 mois . Partie 1

Il y a 3 mois, je commençais un programme de réadaptation à la vie active post cancer du sein.
Il y a 3 mois, je me disais "ça va être génial mais j'ai peur que ce soit long".
Il y a 3 mois, je me posais beaucoup de questions, tout était flou.
Il y a 3 mois, je me sentais seule face à cette maladie, face à cet "après cancer", face à cette mutilation que j'ai dû subir.

Aujourd'hui, je me dis que ça a été vraiment génial! C'est passé très vite, très très vite!
Aujourd'hui, je me pose moins de questions, tout est moins flou (encore un peu quand même, faut pas exagérer!).
Aujourd'hui, je ne me sens plus seule face à tout ce j'ai subi. 
Aujourd'hui j'ai des nouvelles amies.

Ces 3 mois ont été très bénéfiques pour poursuivre ma vie après un tel combat.

J'ai rencontré 8 femmes extraordinaires. Nous avons combattu la même bataille. Nous nous comprenons sans même nous parler. 

Le 1er jour de ce programme, nous arrivons toutes au goutte à goutte. 
Au début nous sommes 4, assises dans l'entrée de l'établissement, face aux portes coulissantes. Nous essayons de repérer les "girls" qui doivent se joindre à nous. L'une d'entre nous dit (quelque chose dans ce genre...) : "Elles doivent avoir les cheveux courts"
Cette réflexion m'a fait rire. J'y pense souvent et elle me fait toujours autant rire. 
Voilà, nous sommes au complet. La kiné qui va s'occuper de notre groupe nous rejoint, elle se présente, elle s'appelle Annie. Super Annie 😊. Elle sera avec nous tout le long du programme.
Elle nous fait visiter les locaux et plus on avance, plus je me dis "Cette Super Annie, je la connais... Mais d'où???!!!". Elle se fait la même réflexion, on fini par trouver ! Effectivement, on se connait, de vu mais on se connait! Comme on dit souvent "le monde est petit".

Nous montons à l'étage dans une salle, qui sera notre salle commune. NOTRE salle. Notre salle où nous pourrons faire tomber les masques, nous pourrons oser dire certaines choses, nous pourrons pleurer, nous pourrons rire.
Nous nous asseyons toutes en cercle, plusieurs personnes se joignent à nous : Super Annie la kiné, la psychologue, la diététicienne et le médecin généraliste. 
Nous devons toutes nous présenter, raconter, si on le souhaite, nos histoires ... pas facile...
Pourtant il y en a une qui se lance... Les larmes commencent à couler... Vite la boîte de mouchoirs! 
Voilà, les masques tombent. 
On est 9 femmes, chacune son histoire, une histoire à chaque fois différente mais au final des histoires qui se rejoignent. 
Ce fût un moment très émouvant, ce moment nous a lié à jamais.  

Je vous raconterai ces 3 mois petit à petit.
Ces 3 mois si précieux pour moi. Tellement précieux que j'en ai très peu parlé autour de moi. Ces 3 mois m'appartiennent.
Je partagerai avec vous une partie de mon jardin secret.


"Chacun est l'ombre de tous"
Paul Eluard




samedi 6 juillet 2019

Voilà 1 an

Voilà 1 an, jour pour jour, je disais au revoir à tous mes cheveux.
Voilà 1 an que je me rendais encore plus compte à quel point j'avais des supers copines, des vraies copines. 😍😊
Voilà 1 an où je me demandais : "Où en serais-je dans 1 an?"

Voilà où j'en suis :

Il y a 2 semaines, j'avais rendez-vous pour la première mammo - écho de contrôle.
Très peu de personnes étaient au courant. Un cercle très restreint, juste mon mari et les guerrières.
C'était un lundi. Le week-end précédent, j'étais plutôt sereine. Je voulais y aller toute seule, car je ne voulais embêter personne et de toute manière mon mari et les guerrières travaillaient!
Mais voilà t'y pas qu'une des guerrières s'est coupé le doigt! Et bing arrêt de travail. Donc elle me dit "si tu veux que je t'accompagne, il n'y a pas souci, je viens avec toi". Je lui dis que non, ça devrait aller. Et puis finalement je finis par lui demander si, éventuellement, elle pourrait venir avec moi...😏
Moi et ma peur d'embêter les gens... il va falloir que je finisse par travailler dessus sérieusement!

Le lundi matin arrive, j'avais beau être sereine la veille, une grosse boule était venue se loger dans mon ventre. 
On s'installe en salle d'attente, on papote quand tout d'un coup, une porte s'ouvre... 
"Mme Audrey".
Je rentre dans la pièce, j'explique pourquoi je viens passer une mammo etc... 
La personne m'installe pour la mammo, elle écrase le sein, "ne bougez pas, ne respirez plus" . J'ai osé respirer... "C'est flou il faut la refaire" 😳😥. "Ne respirez plus" , alors autant vous dire que cette fois j'ai bien retenu ma respiration! 
"Vous récupérez vos affaires et attendez dans cette pièce, le médecin arrive pour faire l'écho" 
Donc me voilà le sein à l'air, seule à m'allonger sur le lit et attendre.... attendre... attendre.... C'est dingue tout ce qui peut vous passer dans la tête dans ces moments-là!
La porte s'ouvre...
Un grand monsieur, d'un certain âge entre, il n'a pas l'air très convivial ... 
"Bonjour Mme Audrey" 
moi les dents serrées : "Bonjour" 
"Il n'y a rien sur la mammo, tout est normal"
Grand soupir de soulagement : "Merci"
Il s'installe, commence l'examen et à la fin :
"Tout est normal, je vous laisse vous essuyer et vous rhabiller"
"Ok. Merci beaucoup"
Avec un sourire : "C'est normal, je vous comprends"
Finalement il est plutôt humain ce monsieur! Des fois il suffit juste d'une parole...
Je sors et je dis à la guerrière : "tout va bien". Chek ! 🙏
J'ai eu envie de pleurer, la pression retombait.

Maintenant je vais essayer de vous expliquer comment je me sens... 
Je suis soulagée, je sais qu'il n'y a rien, qu'il n'y a plus rien! J'ai gagné! 💪 On va passer un été beaucoup plus serein. 
Mais paradoxalement, je n'arrive pas à rebondir. Je ne sais pas pourquoi, je n'arrive pas à l'expliquer. Peut-être est-ce un tout...? Je pense. 
Certaines de mes copines s'en sont rendues compte : "Tu es là mais pas là..." C'est fou comme elles remarquent tout! 😉

L'année a été très mouvementée, très fatigante, la vie de maman et la vie de couple ne sont pas toujours si simple, je me pose toujours autant de questions... Mais il y a une chose de sûre, c'est que mes cheveux repoussent très bien ! 🐏 un vrai mouton! 😅

"Se mettre sur pause, reprendre des forces, prendre le temps...
C'est la sagesse même de la nature."

vendredi 21 juin 2019

La reconstruction

Avant et après la mastectomie, j'étais prête à la reconstruction. Hors de question de rester comme je suis, avec ce corps tout meurtri. J'avais besoin de retrouver cette part de féminité que j'avais perdu.

Plus le temps passe, plus je me pose des questions.
Une chose est sûre, c'est que je ne veux pas de prothèse. 
Donc je vais juste parler de la reconstruction par lambeau du grand dorsal, la seule que je connaisse.
Sachez que je n'ai vu aucun spécialiste. Chaque chose en son temps. Pour l'instant ce n'est pas ma priorité. (Mais j'ai envie de dire ce qui me trotte dans la tête!)

Suis-je prête à subir plusieurs opérations? Suis-je prête aux douleurs liées à ces opérations?  
Là maintenant, la réponse est non.

Mais suis-je prête à rester telle que je suis toute ma vie, avec ce bout de moi en moins? 
Là maintenant, je ne sais pas.

Récemment j'ai appris, à ma grande surprise, que de se refaire un sein après une mastectomie était très chère, il fallait compter quelques milliers d'euro. 😳 Etonnant, n'est-ce pas?
Et oui, pensons aux fameux honoraires de nos grands chirurgiens ! Je dois dire qu'en apprenant ça, j'ai reçu un sacré coup de marteau.
C'est un business, comme pour beaucoup de choses. Mais c'est totalement et tellement injuste.

Apparemment 50% de femmes ayant subi une mastectomie refuse la reconstruction. 

En ferai-je partie ou pas...? 


Etre libre, 
c'est aussi ne pas agir en fonction du regard d'autrui.
Frédéric Lenoir

Une vraie chance

"Je viens pour des médicaments qui sont gratuits"  (😳😳😳)
"Bientôt ils ne rembourseront plus rien" 
"Je ne prends pas ce médicament s'il n'est pas remboursé"  

La sécu, elle est précieuse, croyez-moi.

Je travaille en officine et je vous ai cité (en rouge) les genres d'absurdités qu'on entend souvent au comptoir. Les gens se plaignent et se plaindront toujours de cette sécu.
Mais franchement, est-ce que les personnes qui osent dire ça réfléchissent ???

Une chose est sûre, sans la sécu je ne serai plus là. 
La sécu a pris en charge mon traitement, la sécu m'a permise de me soigner. Les traitements des cancers sont très coûteux. (environ 12 000€ rien que pour la radiothérapie que j'ai subi).
Dans d'autres pays, il faut sortir la carte bleue afin de pouvoir accéder aux soins. En France nous avons juste besoin de sortir la carte verte ! 

Il y a les gens qui râlent mais ensuite nous avons les gens qui en abusent, et qui, bien sûr, râlent aussi (faut pas déconner quand même!)
Je peux vous assurer qu'il y a un gaspillage énorme dans les médicaments. Des dizaines et des dizaines de boîtes non entamées et périmées nous sont ramenées. 

Et les arrêts de complaisance, on en parle ? Partons en vacances sur le dos de la sécu ! Ben voyons ! 
Je connais quelques personnes qui font ça. 
Que dire de ces gens-là ? ...... Et surtout que penser des médecins qui sont complices de ça?

La sécu n'est pas parfaite, d'accord, mais rien n'est parfait dans ce monde.

Nous avons une chance énorme de l'avoir cette sécu,  alors respectons-là.

"Monsieur, si la connerie n'est pas remboursée par les assurances sociales, vous finirez sur la paille."          Michel Audiard






mercredi 15 mai 2019

Que feriez-vous, vous ?

Je vais revenir sur un sujet que j'ai évoqué dans le dernier post, quand je parlais de la soit disant force que j'avais pu avoir pendant le traitement.
On me disait "tu es forte", "je t'admire", "tu es courageuse", "je ne sais pas si j'aurai pu faire pareil", "je ne sais pas comment tu fais", "je ne sais pas comment j'aurai réagi"...

Mais voilà, quand on vous balance dans la gueule : "Mme, j'ai une mauvaise nouvelle, vous avez un cancer" et ensuite : "Vous allez avoir de la chimiothérapie, de la chirurgie, de la radiothérapie et de l'hormonothérapie pendant 10 ans", comment faut-il réagir?

Je vous donne 3 possibilités, réfléchissez bien avant de répondre 😉:
1. Vous partez en courant
2. Vous riez "Non sérieux?! Pas besoin!"
3. Vous faîtes ce qu'on vous dit car votre vie est en danger

Je suppose que vous feriez comme moi. Le raisonnable l'emporte.
On a peur, on est terrifié mais on veut vivre.
Donc nous nous transformons en bon petit soldat et nous faisons tout ce que les médecins nous disent de faire. 

Pour moi, la force, le courage n'ont rien avoir dans ce combat. Je veux vivre donc je me bats, force ou pas, on se bat. Courage ou pas il faut y aller.

Plusieurs fois dans la salle d'attente du service de la chimio, je me disais "mais qu'est-ce que je fous là?!". J'ai souvent eu envie de prendre mon joli sac, d'aller chercher enfants et mari et de partir loin, très loin. Sans téléphone, sans internet, sans agenda. Plus de médecins, plus de rdv, plus d'hôpital.
Juste nous 5.
Mais si j'avais fait ça, la maladie l'aurait emporter et je ne serai plus là.
Alors non, je suis restée assise là, dans la salle d'attente, jusqu'à ce qu'on vienne me chercher pour me "brancher". En bon petit soldat.

Oui nous sommes forts, fortes, courageux, courageuses mais de toute manière, avons-nous le choix?

Avons-nous le choix? Avais-je le choix?

Et vous finalement, que feriez-vous?

"N'allez pas là où le chemin peut mener. Allez là où il n'y a pas de chemin et laissez une trace"
Ralph Wardo Emerson


lundi 13 mai 2019

Hop, on se remet au sport !

La semaine dernière, j'ai intégré un centre pour une réadaptation à la vie active post cancer du sein.
Nous sommes un groupe de 9 femmes, nous nous retrouvons 2 jours entiers par semaine pendant presque 3 mois.
Le programme est simple, sport, sport et sport. 😅
Il y a aussi des groupes de paroles avec différents intervenants.

Nous sommes 9, avec chacune son histoire. Ce sont à chaque fois des histoires différentes mais avec énormément de points communs. On parle, on s'écoute, on ne se juge pas, on peut dire des choses que d'autres ne comprennent pas.

On nous a bien fait comprendre qui si on était là, dans ce centre, c'est que nous avions fini nos traitements, que nous étions guéries. On a dû mal à se le dire. J'ai dû mal à me le dire. Mais c'est vrai.

Hier, ma fille m'a demandé : "Maman, tu es guérie?"
J'ai eu 5 secondes pour réfléchir à ce que j'allais dire. Oui, non... Que répondre?
J'ai fini par lui dire : "Oui je suis guérie"
J'ai réussi à le dire! J'étais fière de moi! Je n'aurai pas répondu ça 2 semaines auparavant.
J'ai eu envie de rajouter "j'espère" mais je ne l'ai pas fait.
Je progresse, petit à petit. 😊

Une des personnes du groupe a parlé du fait qu'on nous disait souvent qu'on était fortes et courageuses.
On me l'a dit souvent.
Mais en fait, avions-nous le choix? avons-nous le choix?
On nous annonce : "vous avez un cancer, le traitement sera lourd : chirurgie, chimio, radiothérapie..."
On ne se pose pas de questions, car nous voulons vivre, je veux vivre. Alors on supporte tout ça, il y a des hauts, il y a des bas, mais on supporte, on subit. 

Le 1er jour dans ce centre a été intense en émotions, en fatigue et en courbatures! 
Nous nous sommes présentées une par une, chacune à sa manière, nous nous comprenions toutes. 
C'était vraiment un chouette moment, de chouettes rencontres.
L'après-midi : 1h de marche, 30 min de gym et 45 min d'aquagym... Et bien je peux vous dire que j'étais exténuée en rentrant. Mais c'était de la bonne fatigue!!! 

Je suis ravie de faire partie de ce groupe, de reprendre le sport. Après 1 an d'arrêt, ça fait un bien fou!
J'avais besoin de rencontrer et de parler avec des personnes qui ont eu la même chose que  moi. C'était important. Important de ne pas se savoir seule, de se rassurer, de raconter nos histoires. Et finalement arriver à se dire "nous sommes guéries".


"La compréhension est plus profonde que la connaissance. Il y a beaucoup de gens qui vous connaissent, mais il y en a très peu qui vous comprennent."







Mon père, mon héros

Mon père, mon héros, est parti rejoindre les anges il y a 6 ans aujourd'hui.
C'est un triste anniversaire. Il me manque. 

Il s'est, lui aussi, battu contre un cancer. Il a gagné quelques batailles mais pas la guerre. Cette saleté a eu le dernier mot. Pourtant il a combattu cette maladie avec un courage énorme. Jamais je ne l'ai entendu se plaindre. 

A l'époque nous n'avions que nos 2 ainés. Le troisième n'était pas prévu au programme.😊
Quand j'ai appris que j'étais enceinte, je l'ai très mal pris, très mal vécu. Mon père était malade, une grossesse se profilait... J'ai toujours entendu dire que lorsqu'il y a un décès, s'ensuit une naissance. Je pense que c'est une de ces raisons qui ont fait que je n'acceptais pas cette grossesse. 
Lorsque mon père est parti, j'étais enceinte de 5 mois. 
La dernière fois que je l'ai vu, il n'était presque plus avec nous... Je suis partie de l'hôpital effondrée... J'ai eu des contractions toute la nuit qui a suivi. Pour mon bien et celui du bébé, et sur conseil de la gynéco, je ne suis pas retournée à l'hôpital. C'est un de mes plus grands regrets... J'aurai tant voulu lui dire aurevoir , lui dire certaines choses, lui dire le prénom de son futur petit-fils...
Etrangement, quand il est parti, j'ai accepté cette grossesse, ce nouveau venu dans notre famille. 
Depuis que mon dernier est né, quand je le regarde, je pense à mon père. J'ai l'impression qu'il y a un lien entre eux. 

Mon père était quelqu'un de bon vivant, joyeux, aimait la vie, ne portait que très peu de jugements sur les autres, tutoyait tout le monde, ne montrait pas tellement ses émotions, était très doux, défendait coûte que coûte les salariés, manifestait quand il le fallait.
J'entends encore son rire, sa voix. Il faisait toujours rire ses petits-enfants. Pour lui rien n'était grave. 
J'adorais quand il s'énervait : "Putain de bordel de merde!!!!" 😳😂
C'est un exemple pour moi. Il avait raison sur tellement de choses! 


...Mon père, mon héros...

"Tu n'es plus là où tu étais, 
mais tu es partout là où je suis."
Victor Hugo





C'est à vous

 Aujourd'hui j'étais au téléphone avec une amie. Elle m'a dit : "ça fait longtemps que tu n'as pas écrit".  Elle t...